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Biodiversité urbaine : comment la favoriser dans les projets immobiliers ?

Avec l’ensemble des acteurs de la ville, le secteur de l’immobilier a pris conscience de sa responsabilité en matière d’empreinte écologique. Encore majoritairement dominée par le minéral, la ville doit désormais se penser dans une alliance avec la nature, afin de faire advenir une véritable biodiversité urbaine. Pour OGIC, cette nouvelle nature de ville est au cœur des défis de la ville. Mais concrètement, comment créer du foncier qui protège et participe au bon développement de la biodiversité urbaine ?

Associer vivant et construction pour promouvoir une véritable biodiversité urbaine, c’est l’objectif que s’est fixé OGIC sur tous ses bâtiments. On entend par biodiversité urbaine l’ensemble des interactions entre un milieu urbain et toutes les formes de vie qui s’y développent. Si notre métier de promoteur immobilier implique de laisser une empreinte dans la ville, nous avons choisi d’ériger la préservation de la biodiversité et l’excellence écologique en priorités : nous voulons intégrer la nature sur nos programmes dans une logique de continuité, et non de fragmentation.

Cette ambition est guidée par la prise en compte des exigences du label Biodivercity® dans la conception, la construction et l’exploitation de chacun de nos programmes. Concrètement, quelles actions engager pour favoriser la biodiversité urbaine ? Comment réussir à protéger et même favoriser la biodiversité urbaine dans les projets immobiliers ?

Associer systématiquement un écologue à chaque projet immobilier

L’écologue a pour mission d’accompagner les porteurs de projet dans la préservation de la biodiversité. Cet expert analyse le potentiel écologique du site au regard de la situation existante pour orienter les choix de conception future. En 2019, 17 études ont ainsi été menées. Son rôle est donc de veiller à ce que le développement durable et ses applications concrètes soient intégrés au maximum dans le cahier des charges des entreprises intervenant sur un bâtiment. Les missions d’un écologue sur un projet immobilier peuvent couvrir un très large spectre, de l’analyse d’impact écologique avant construction jusqu’à l’intervention dans la gestion des espaces verts, une fois les résidents installés.

Ainsi à Marseille, dans le cadre de notre projet Seconde Nature prévoyant un site composé à 60% de terrains en espaces verts, un important travail a été mené sur la palette végétale à réintroduire : dans une logique de préservation de la biodiversité en ville, le choix des plantes pour la végétalisation a été dicté par une analyse préalable de la flore locale. En collaboration avec Julie Plet du cabinet Oasiis, l’architecte paysagiste Laure Planchais a ainsi privilégié les espèces déjà présentes dans le maquis environnant, permettant aussi de limiter au maximum l’arrosage afin d’économiser l’eau. Enfin, son choix s’est porté sur des espèces de plantes non allergènes afin de veiller au bien-être des futurs habitants.

Du côté de la faune, le bâti peut aussi jouer un rôle positif : « L’écologue attire notre attention sur des espèces rares que nous pouvons abriter sur notre site. Sur Seconde Nature, ça va par exemple être le cas des martinets noirs, une espèce locale menacée et qui a notamment la vertu de se nourrir de moustiques. Cet oiseau se niche habituellement sur des falaises. Nous avons donc réalisé un travail spécifique avec les architectes au niveau des interfaces pour créer des perchoirs. Les murets vont avoir des anfractuosités pour favoriser l’accueil de ces faunes précieuses », détaille Laure Planchais.

Associer systématiquement un écologue à toutes nos opérations de plus de 25 lots fait ainsi partie de nos engagements. Ceci constitue un véritable levier d’action au service de la biodiversité urbaine. 

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S’appuyer sur le label BiodiverCity® et les initiatives du CIBI 

Notre engagement en faveur de la biodiversité constitue l’un des objectifs phares de notre stratégie RSE. Notre champ d’action se décline autour du label Biodivercity® qui note et affiche la performance des projets immobiliers en prenant en compte la biodiversité. Porté par le Conseil international de la Biodiversité et de l’Immobilier (CIBI), ce label est décerné par des experts indépendants qui auditent les projets à deux étapes clés de leur avancée : après la conception puis après l’achèvement de la construction. La labellisation s’appuie sur une approche multicritère évaluant à la fois les engagements, les moyens mis en œuvre, les bénéfices écologiques et les bénéfices pour les usagers.

À travers la diffusion de son label Biodivercity® et des outils associés, le CIBI travaille également à contribuer à mettre en place des bonnes pratiques de construction et d’exploitation des bâtiments. Par exemple, les enjeux liés à la biodiversité commencent dès les réflexions sur le positionnement des bâtiments sur la parcelle à construire. L’objectif n’est pas de concevoir une nouvelle ambiance écologique locale, mais de s’inspirer de celle existante et, si possible, de la renforcer. Les milieux environnants doivent ainsi être pris en compte dans la conception des fonctionnalités biologiques du futur bâtiment. Au service de la biodiversité urbaine, le référentiel Biodivercity® constitue donc aujourd’hui un cadre technique rigoureux pour les acteurs de l’immobilier.

Travailler les projets immobiliers dans une logique de services écosystémiques  

Préserver la biodiversité urbaine dans les projets de construction nécessite également de considérer la ville comme un système d’interdépendances qui doit être pensé dans son ensemble. Interviewé par OGIC, Pierre Darmet, Directeur Marketing et innovation, Les Jardins de Gally, Secrétaire-fondateur du Conseil International Biodiversité et Immobilier (CIBI), explique que le terme biodiversité « large et multidimensionnel », « englobe les échanges, les interactions et les dynamiques à l’œuvre, c’est-à-dire un système complexe caractérisé par l’interdépendance et la variabilité, dont l’humain fait partie intégrante ». Les actions mises en place doivent donc intégrer l’ensemble des éléments vivants présents en ville : arbres, jardins, parcs, espèces animales et en particulier espèces sauvages, etc.

Cet axe de travail va dans le sens du développement de villes résilientes, capables de s’adapter aux changements climatiques et aux catastrophes naturelles à venir. Parmi les exemples de pratiques sur lesquelles nous travaillons, on peut citer notamment :

  • le déploiement de zones fortement végétalisées et denses
  • l’agriculture urbaine
  • la renaturation des sols
  • la création de zones d’ombres
  • l’intégration de dispositifs facilitant la photosynthèse des végétaux
  • la création de perchoirs, cheminements paysagers et corridors écologiques pour certaines espèces animales.

Dans un contexte d’explosion de la densité urbaine, travailler les projets immobiliers dans une logique de services écosystémiques est une nécessité.

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Impliquer les futurs habitants dans la biodiversité urbaine

Au vu des interdépendances inhérentes à la biodiversité urbaine, nous sommes convaincus que l’ensemble des acteurs de la ville a un rôle à jouer dans sa préservation. Et ceci passe par la nécessaire implication des futurs habitants dans les questions écologiques liées à leur habitat. Comme le précise Pierre Darmet, « Pour les urbains, le contact avec la biodiversité de proximité est un pas décisif vers un plus grand respect de la biodiversité de la planète. » En d’autres termes, plus une personne vit loin de la nature, moins elle ressent le besoin de la protéger.

L’implication des habitants peut se faire par différents moyens :

  • Le recours à des solutions de green nudge qui favorisent les interactions avec la nature, qu’il s’agisse de promenades plantées pour rentrer chez soi, de vergers ou de potagers urbains. Des dispositifs d’accompagnements peuvent ainsi être mis en place, comme ce sera le cas sur le Jardin des Orfèvres, notre projet au Blanc-Mesnil où MUGO animera des ateliers de sensibilisation à la biodiversité.
  • Cela peut aussi consister par exemple dans la sensibilisation aux produits d’entretien naturels, ou aux dangers de certains produits phytosanitaires. Dans le cadre de certaines de ses missions, Marine Trémège, écologue depuis 2017 au bureau d’étude Etamine, explique ainsi qu’elle donne « des conseils aux habitants pour choisir les produits d’entretien et les fréquences d’utilisation à travers des supports pédagogiques comme des plaquettes distribuées ou encore une signalétique dans les espaces communs. »

Les solutions mises en place en faveur de la biodiversité urbaine ne peuvent ainsi être durables qu’avec l’implication de tous les futurs usagers du lieu.

Aller plus loin sur la biodiversité urbaine ?

Interviewée par OGIC sur les enjeux de son métier pour le secteur immobilier, Marine Trémège reconnaît que « les objectifs de biodiversité ne sont pas encore intégrés en tant qu’engagements de résultats ni de moyens. En effet, l’intervention d’un écologue n’est donc pas incitée systématiquement ! » En inscrivant dans notre stratégie RSE le recours systématique à un écologue pour tous nos projets de plus de 25 lots, nous avons donc pris l’engagement d’aller plus loin que la législation actuelle en matière de biodiversité urbaine.

Au-delà des défis environnementaux et sociétaux de préservation des écosystèmes terrestres, nous sommes conscients de la forte demande sociétale pour des villes plus vertes et plus économes en ressources. Les citoyens aspirent aujourd’hui à des modes de vie davantage en interaction avec la nature, d’où le développement de l’écologie urbaine et la multiplication de réservoirs de biodiversité en ville. En tant que promoteur immobilier, nous considérons avoir un rôle clé dans l’impulsion de cette transition écologique, tout particulièrement en milieu urbain.

C’est dans cet esprit que nous concevons et construisons nos programmes, avec l’objectif que 80% de nos programmes éligibles soient labellisés pour leur respect d’un cahier des charges strict en termes de biodiversité urbaine.