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Pourquoi la nature doit être au cœur de la fabrique de la ville

Longtemps cantonnée à un décor, la nature reprend aujourd’hui une place essentielle dans les cadres de vie urbains. Fabriquer la ville, c’est aussi redonner sa place au vivant à tous les niveaux : renaturation des sols, végétalisation, agriculture urbaine, etc. Pourquoi ? Selon plusieurs experts réunis lors du salon ProDurable, la réponse est simple : parce que c’est une nécessité absolue.

« Chassez la Nature, elle revient au galop ! », tel était le titre d’une table ronde du Salon ProDurable animée par Pierre Darmet, Directeur Marketing et Innovation des Jardins de Gally. Un retour qui s’est observé d’abord et avant tout dans le cœur des citadins, et plus encore face au confinement comme l’a rappelé Pierre Darmet en ouverture : « Selon une étude de l’IFOP, le premier souhait en matière de logement pour 8 Français sur 10 est l’accès à un espace extérieur, entendu comme une terrasse ou un jardin ».

Plus vitale encore que ce besoin, la nature en ville constitue aujourd’hui un impératif incontournable de l’aménagement urbain. L’objectif ? Faire surgir une ville durable et résiliente, en harmonie avec les écosystèmes vivants. Petit tour d’horizon des enjeux de l’écologie urbaine.

Pour favoriser la biodiversité urbaine

« Nous l’avons tous expérimenté : lorsqu’on crée les conditions favorables, la biodiversité revient en ville ! », raconte Christine Aubry, ingénieure-agronome et spécialiste de l’agriculture urbaine à l’INRAE. « Sur le toit d’AgroParisTech, nous avons créé un espace expérimental dans lequel on a fait une petite zone de biodiversité : 20 cm de compost, et on a laissé ça vivre… Aujourd’hui, nous avons une biodiversité considérable ! ». Tout l’enjeu est là : créer les conditions favorables au retour de la vie naturelle.

Mais était-elle vraiment partie ? De nombreux scientifiques anglo-saxons ont entamé des recherches novatrices sur l’écologie urbaine à la fin du siècle dernier avec la conviction que, non, la nature ne se développait pas qu’en dehors des villes. « L’écologie urbaine est un sujet récent ! » rappelle Tolga Coskun, écologue urbain et directeur du Pôle Biodiversité chez Arp-Astrance :

« La biodiversité en ville, après avoir été un sujet de marge, va notamment émerger lors du Grenelle de l’environnement en 2007 qui a mis sur la table le concept de Bâtiment à Biodiversité Positive (BPP), avec la crise économique en 2008 où la biodiversité devient critère de différenciation des projets urbains dans un contexte de resserrement du marché, ou plus récemment, avec une montée en puissance considérable des sujets d’écologie urbaine aux niveaux citoyen et politique. On citera notamment la Loi pour la Reconquête de la Biodiversité des Paysages en 2016, qui rend obligatoire la protection des espèces même dans un cadre urbain ! »

Aujourd’hui, de nombreux labels contribuent à aiguiller les acteurs de la ville dans la prise en compte de la biodiversité, comme Biodivercity, qui sert de véritable modèle à OGIC dans la conception, la construction et l’exploitation de chacun de ses programmes.

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Pour réguler la température en ville

« Nous savons aujourd’hui que le végétal est la meilleure climatisation naturelle », selon Élodie Grimoin d’Urban Canopée. Le rafraîchissement urbain est un enjeu majeur pour les villes dans le contexte actuel de surchauffe urbaine avec des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents, et de changement climatique à l’échelle planétaire.

Une des meilleures solutions contre les îlots de chaleur ? Privilégier les services écosystémiques naturels en créant des points de fraîcheur en ville, c’est-à-dire des zones fortement végétalisées qui vont:

  • Créer de l’ombre, ce qui protège le sol et les personnes dans l’espace public
  • Rejeter de la vapeur d’eau grâce à la photosynthèse

« Plus la végétation est dense, plus c’est efficace et ce à toutes les échelles, bâtiment, quartier, ville, voire région. » surenchérit Christine Aubry, qui souligne que la végétation permet aussi de lutter contre la pollution atmosphérique, car elle stocke du carbone dans les sols.

Les modules d’Urban Canopée agissent en ce sens, avec des canopées végétales légères composées d’un maillage en matériaux composites qui permet la croissance de plantes grimpantes avec peu d’encombrement au sol, et d’une box d’irrigation intelligente : « L’objectif est de rafraîchir avec l’évapotranspiration, l’albédo et l’ombrage sur environ 50 mètres carrés ».

Pour renaturer les sols

« Après avoir été considéré comme destructeur de biodiversité, le promoteur a aujourd’hui le rôle d’être un vrai recréateur de nature en ville ! » explique Clément Théry, Directeur de l’Innovation chez OGIC. Dans le cœur des métropoles, le foncier disponible est souvent très artificiel et donc minéralisé, ce qui pose de nombreux problèmes, que ce soit la faible biodiversité de ces espaces ou leur incapacité à absorber l’eau, ce qui accroit les risques d’inondations :

« Nous mettons en place des stratégies de désartificialisation des sols. Pour cela, il faut entrer dans l’épaisseur du sol, c’est-à-dire de ne pas seulement enlever l’enrobé, mais de recréer un sol véritablement fertile, en prenant en compte de son épaisseur et en décompactant la terre, pour permettre à une vie naturelle de faire son grand retour. Certains espaces verts ainsi recréés peuvent être destinés aux habitants d’un immeuble, mais aussi être rétrocédés à la ville pour que tout le monde puisse en profiter ! ».

Mieux encore, cette renaturation a un rôle majeur dans la régulation de l’eau, son absorption donc, mais aussi sa rétention par les sols, rappelle Christine Aubry : « La ville de New York finance l’agriculture sur les toits du fait du service de rétention d’eau qu’elle procure. Nous avons montré que l’agriculture sur toit permettait de retenir entre 75 et 85% de l’eau, comme l’illustre la ferme urbaine au-dessus d’AgroParisTech. »

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Pour renouer avec la nature et recréer du lien social

« L’agriculture urbaine, même si elle n’a pas vocation à nourrir toute une ville, peut y participer à plusieurs niveaux ! » affirme Christine Aubry. « Elle y participera d’autant plus que l’agriculture périurbaine sera maintenue ou se développera sous forme de ceinture verte ». Mais la création de microfermes urbaines ou de jardins collectifs n’a pas qu’une vocation d’approvisionnement :

« C’est un outil pour créer du lien social ! Aujourd’hui s’ouvre toutes une gamme de services culturels et sociaux à travers les jardins, la participation citoyenne à l’entretien du végétal, et les services éducatifs qui se développent partout en France. Les citoyens veulent mieux comprendre les cycles du vivant, et cet aspect éducatif est très important, notamment auprès des plus jeunes, pour qu’une nouvelle génération s’empare de ces sujets ».

Une belle conclusion qui ouvre un horizon positif pour les futurs habitants des villes.

Image de couverture : résidences de l’Orée du Lac, situées dans un nouvel éco-quartier au Vésinet.