OGIC

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Seconde Nature

Créer un îlot de nature pour le bien-être de tous

Mieux vaut prévenir que guérir. Voilà la conviction forte et proverbiale qui a été la nôtre pour le projet Seconde Nature. Et si faire revenir la nature en ville, c’était contribuer à la santé de tous ? En transformant un ancien site hospitalier en lieu de vie, nous avons choisi d’en conserver la vocation de soin mais en la tournant vers la nature : pour le bien-être des habitants, la préservation du vivant et le rafraîchissement de tout le quartier. Une nouvelle façon de vivre la nature au cœur de la ville.

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du terrain en espace vert

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arbres plantés en pleine terre

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logements

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places en crèche

Saviez-vous qu’une simple balade dans un parc réduisait les risques de troubles anxieux ? Selon cette étude de Stanford, l’impact de la nature sur notre bien-être est une certitude, tout autant que les méfaits de notre déconnexion avec le vivant dans des villes de plus en plus étouffantes et surpeuplées. Véritables enjeux de santé publique, ces mégalopoles font respirer à 9 personnes sur 10 un air trop pollué et sont souvent pointées du doigt dans le risque accru de troubles psychiques. L’homme a besoin de nature, et cela a un nom : la biophilie, définie comme le « besoin inné de l’homme de s’intégrer au monde naturel » par le biologiste Edward O. Wilson en 1984. Et quand on l’aime, la nature vous le rend bien.

C’est avec cette conviction que nous avons approché le projet de la Résidence du Parc, une ancienne clinique située dans le 10e arrondissement de Marseille : transformer ce lieu de soin en un espace promouvant le bien-être par le contact avec la nature.

Les équipes d’OGIC et les deux agences d’architecture  — Architectes singuliers et de l’agence MAP architecture — ont imaginé un projet d’habitations respectant la biodiversité, s’ouvrant sur le quartier, offrant un cadre de vie privilégié qui encourage les comportements positifs pour la nature, et pour celles et ceux qui y vivent.

Un projet pensé pour préserver le patrimoine naturel

Consultées dans le cadre de la reconversion du site de la clinique Résidence du Parc, nos équipes ont tout de suite perçu la nécessité de sauvegarder un capital naturel exceptionnel : dans un quartier limitrophe du cœur de ville se trouvait un havre végétal de 2,8 hectares avec une flore ancienne et diverse et, au cœur de la végétation, trois barres d’immeubles imposantes hébergeant 20 000m2 de locaux hospitaliers : « Nous avons compris que ce terrain avait d’énormes qualités paysagères et qu’il était essentiel de le protéger. Notre défi était d’anticiper le départ de cette clinique et de prévoir sa reconversion vers de l’habitat, dans une logique de valorisation de l’environnement naturel », explique Pierre Bernardini, directeur régional d’OGIC Méditerranée.

Première étape donc, inscrire le projet dans son environnement naturel : « Une belle pinède typique de la région méditerranéenne avec certains arbres centenaires et qui font 25 mètres de haut ! » raconte Laure Planchais, architecte paysagiste sur le projet. « Le projet tant architectural que paysager s’est attaché à conserver un maximum d’arbres. Il y a, malgré tout, des arbres en mauvais état, d’autres qui doivent être abattus. On a mené un travail de recensement exhaustif avec l’aide de l’experte en patrimoine arboré, Corinne Bourgery ». Sur la totalité des arbres d’origine, 91 seront conservés en l’état tandis que 161 nouveaux seront plantés en pleine terre sur la parcelle sud, 37 sur la parcelle nord, dans le respect des essences locales déjà présentes sur le terrain : micocouliers, chênes verts, oliviers, pins, palmiers, féviers d’Amérique, etc. « Notre exigence était de replanter plus que le remplacement 1 pour 1 exigé d’un point de vue juridique ! », souligne l’architecte paysagiste.

 

L’implantation des bâtiments ? Pour préserver le patrimoine naturel, elle sera pensée en fonction de ces arbres exceptionnels déjà présents sur le terrain. Composée d’experts de la mairie du secteur et des services d’urbanisme de la ville de Marseille, de Laure Planchais, et des architectes Guillaume Dujon (Architectes singuliers) et Renaud Tarrazi (MAP architecture), l’équipe parvient à concevoir un projet avec des immeubles s’insérant parfaitement dans la nature et préservant plus de 60% du terrain en espaces libres paysagers, majoritairement en pleine terre. Au cœur de cette flore sont construits 397 logements accessibles (certains à prix maitrisé et d’autres à TVA réduite), mais aussi des commerces, une conciergerie, un verger et même un potager.

Créer une symbiose entre nature et architecture

Pour créer un environnement durable, l’étape suivante était de comprendre les mécaniques du vivant à l’œuvre sur le terrain, et les moyens de faire émerger des écosystèmes propres à encourager la biodiversité. Dans ce cadre, et avec l’exigence du label Biodivercity comme horizon, nous avons fait appel au bureau d’études OASIIS, et plus particulièrement à Julie Plet, écologue.

Associer la flore à l’architecture, c’est d’abord réaliser un travail précis sur la palette végétale, pour vérifier qu’elle ne comporte aucun risque allergène pour les futurs habitants, et pour qu’elle soit bien adaptée à la situation locale. Ainsi, les plantes choisies par l’architecte paysagiste vont permettre de limiter au maximum l’arrosage afin d’économiser l’eau. « On favorise l’utilisation de plantes méditerranéennes en pleine terre pour gagner en autonomie. C’est l’intelligence du projet », souligne Laure Planchais. « En plus des espèces arborées avec le chêne vert ou l’arbre de Judée, on a des espèces plus arbustives comme le romarin, la lavande, des pistachiers qu’on a l’habitude de retrouver dans le maquis ». Des plantes locales grimpantes, de type glycine, vont aussi être plantées. Cette palette de plantations va également servir à la végétalisation des balcons, des jardins sur les toits et de ceux au rez-de-chaussée. Les bassins seront végétalisés avec des plantes filtrantes et des nénuphars.

Associer la faune, c’est veiller à ce que l’architecture ne lui nuise pas et puisse même lui servir de refuge. C’est tout le travail de l’écologue Julie Plet que de prévoir ces interactions : « Elle attire notre attention sur des espèces rares que nous pouvons abriter sur notre site. Ça va être le cas par exemple pour les martinets noirs, une espèce locale menacée et qui a notamment la vertu de se nourrir de moustiques. Cet oiseau se niche habituellement sur des falaises. Nous avons donc réalisé un travail spécifique avec les architectes au niveau des interfaces pour créer des perchoirs. Les murets vont avoir des anfractuosités pour favoriser l’accueil de ces faunes précieuses », détaille Laure Planchais. D’autres recommandations sont faites par l’écologue comme la suppression des matériaux nuisant à la biodiversité. Ainsi, des garde-corps transparents seront retirés pour éviter les risques de collision avec les oiseaux, et des cheminements paysagers sont prévus pour certaines espèces.

Mais associer la nature, c’est aussi prendre en compte le climat dès la conception : « La conception est bioclimatique ! Elle vise une haute performance énergétique et prend en compte les vents dominants et le soleil pour s’assurer de ne pas avoir d’îlot de chaleur. Car 75 à 80% des logements ont une double voire une triple exposition, ce qui est assez rare », précise Pierre Bernardini,. Avec l’accompagnement de Garcia Ingénierie, le projet « Seconde Nature » s’inscrit dans la convention Smart Avenir Energie de GrDF, dont l’objectif est de valoriser le mix énergétique vert (engagement sur la maîtrise des dépenses énergétiques, lutte contre le réchauffement climatique et l’accès à des énergies renouvelables) et s’engage à déployer le Pass Green, un mécanisme incitant les occupants des logements à faire le choix d’un approvisionnement énergétique 100% énergie renouvelable et totalement décarbonée. En plus de cela, tout le projet est engagé dans les démarches Bâtiment Durable Méditerranéen (BDM), ainsi que Quartier Durable Méditerranéen (QDM).

Le green nudge au service du bien-être des habitants

Parce que pour nous l’architecture doit favoriser le bien-être des citadins et le vivre ensemble, nous intégrons dans la conception de nos programmes une réflexion sur leurs usages par les habitants, et ce bien au-delà de la livraison. Mais comment concevoir une architecture qui les aide à adopter des comportements positifs, pour la nature et pour eux-mêmes ?

Notre Direction de l’Innovation a transmis un cahier des charges précis aux architectes avec la mise en place d’une démarche inspirée du nudge. Issu des sciences comportementales, le nudge en architecture (« coup de pouce » en français) est une façon de concevoir le bâti pour encourager les individus à adopter certains comportements vertueux.

Favoriser la pratique d’activités physiques. Le parc joue un rôle important, avec ses différents jardins. « C’est un espace urbain, généreux qui a été pensé pour permettre les échanges, le rassemblement et la vie en commun, notamment autour du sport et des jeux. Il y a, par exemple, un parcours végétalisé spécialement conçu pour favoriser les pratiques sportives », raconte Pierre Bernardini. Le régisseur de la conciergerie va également proposer des cours de yoga ou de sport, pour le bien-être des futurs habitants.

Créer du lien social. Pour favoriser les échanges, des parties communes accueillantes sont prévues avec, notamment, des escaliers monumentaux, plus larges, baignés de lumière naturelle, mais aussi des espaces de rencontres autour du verger, du potager, des aires de jeu ou de la trame d’eau irriguant le parc. Tout cela a pour vocation d’encourager les voisins à flâner, à se croiser plus régulièrement et ainsi, créer du lien.

Encourager les mobilités douces. Au cœur de « Seconde Nature », des vélos électriques en partage seront mis à disposition gratuitement pour les futurs habitants. Autre dispositif nudge, les locaux pour les vélos seront au rez-de-chaussée et vitrés pour être à la fois accessibles, visibles et accueillants. « On espère ainsi que cela incite chacun à laisser sa voiture au garage pour relier le centre-ville », ajoute le directeur d’OGIC Méditerranée.

Adopter les gestes écoresponsables. Plusieurs types d’initiatives inspirées du nudge ont fait montre, de leur efficacité en termes de réduction des consommations d’électricité ou encore d’eau. Sur Seconde Nature, nous allons déployer les pommeaux de douche qui changent de couleur dès que la consommation dépasse un certain seuil, ou encore des factures énergétiques comparatives entre voisins pour aider les habitants à mieux évaluer leur consommation.  Tout sera mis en œuvre pour inciter et faciliter les démarches positives.

Un îlot de fraîcheur et une nouvelle centralité pour tout le quartier

Concevoir un projet, qui plus est une reconversion, c’est toujours penser à son intégration dans le quartier et aux bienfaits qu’il apporte aux riverains : « Dans le quartier, il y a un tissu urbain hétérogène avec notamment de grandes copropriétés à l’intérieur de parcs clôturés. Notre philosophie sur Seconde Nature a été d’ouvrir la résidence sur l’extérieur, pour en faire un projet aussi bénéfique aux riverains qu’aux habitants », explique Pierre Bernardini. Ainsi, la pinède dans laquelle le projet s’inscrit restera ouverte au public pendant la journée. « C’est un point majeur d’avoir un espace privé qui participe à la qualité de vie du quartier, d’une grande générosité », ajoute Laure Planchais.

Autre élément, une future place publique est prévue pour recréer de la centralité le long de l’avenue Gaston Berger. La métropole de Marseille en sera le maître d’ouvrage. Le projet « Seconde Nature » intègre cet aspect en proposant pour la résidence une architecture plus urbaine, plus haute, signée Architectes singuliers, avec 1200m2 de commerces (boulangerie, pharmacie, etc.) aux pieds des immeubles, une conciergerie avec une large gamme de services ou encore une crèche de 50 berceaux et un espace de télétravail, etc. Tout a été pensé pour favoriser la proximité, et ainsi, une certaine douceur de vivre près de chez soi sans avoir à faire de longs déplacements.

Au-delà de notre intervention, ce projet s’inscrit dans une zone de projet urbain partenarial (PUP) qui permet de contribuer à différentes taxes pour financer des équipements publics, notamment la réfection de l’avenue Gaston Berger et une place publique. Les travaux du projet « Seconde Nature » débuteront dès novembre 2020 pour une livraison prévue au cours du 4e trimestre 2022.

Crédit photo : Wikipedia.