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Thierry Meignen : « Au Blanc-Mesnil, nous imposons 40% de végétalisation au sol sur les nouveaux projets »

Concilier développement urbain et végétalisation des villes est aujourd’hui au cœur des préoccupations des collectivités. Très investi sur ces enjeux de réimplantation de la nature en ville et de ses bienfaits sur l’humain, Thierry Meignen, maire du Blanc-Mesnil depuis 2014, présente son action dans une ville en pleine transformation – et notamment l’ambitieux projet d’habitations réalisé avec OGIC, le Jardin des Orfèvres, qui prévoit 40% du terrain aménagé en espaces verts. Entretien.

Chaque année en France, 60 000 hectares sont affectés par l’artificialisation des sols. Les conséquences en termes de biodiversité, d’amplification des catastrophes naturelles et, plus généralement, de qualité de vie en zone urbaine sont nombreuses. Comment concilier le développement urbain et le nécessaire retour de la nature en ville ?

Actuellement en construction au Blanc-Mesnil, le Jardin des Orfèvres est un projet emblématique de la prise en compte de ces enjeux dans une politique d’urbanisme.  Initié par Thierry Meignen, maire du Blanc-Mesnil, le projet s’inscrit dans la stratégie de cette ville dynamique, et en pleine transformation.

Quels sont les points clés de votre politique d’urbanisme au Blanc-Mesnil et les grands défis qui y sont associés ?

Notre idée de base, c’est de diversifier la sociologie de la ville. Elle est magnifiquement située, parfaitement connectée aux axes de transport et j’ai la conviction que nous pouvons continuer à améliorer l’image du Blanc-Mesnil. Montrer que c’est une ville qui bouge, où il fait bon vivre et que c’est là qu’il faut habiter ! Notre objectif est d’attirer une nouvelle population en ciblant notamment les cadres de Roissy Charles de Gaulle, et pour cela, faire plus beau, plus vert et, si possible, plus aéré que les autres.

Changer l’image du Blanc-Mesnil, cela passe par son identité architecturale. J’assume d’être un maire bâtisseur ! Nous collaborons de très près avec certains architectes qui ont compris notre état d’esprit : créer une couleur architecturale spécifique pour la ville. Avant, on passait de Bagnolet ou Aulnay-sous-Bois vers le Blanc-Mesnil sans se rendre compte qu’on changeait de ville. Aujourd’hui, sur tous les projets, il y a une vraie patte architecturale, et nous collaborons de près avec les promoteurs pour faire advenir cette vision.

Cela ne passe pas que par le bâti, loin de là : nous avons cherché à apporter de la qualité à tous les niveaux, que ce soit l’investissement sur nos écoles, sur la propreté, sur la sécurité, sur la politique sportive, etc.

En termes de défis, nous avons fait de la lutte contre le mal-logement une de nos priorités : nous avons un vrai problème de marchands de sommeil, et nous sommes intransigeants là-dessus. Aujourd’hui, en Seine-Saint-Denis, la moitié des procédures engagées contre les découpages de pavillons vient de la ville du Blanc-Mesnil.

Quelle est la genèse du projet du Jardin des Orfèvres ?

C’était un projet important pour de nombreuses raisons, mais notamment parce qu’historiquement, ce n’est pas n’importe quel endroit : c’est là où est née la ville du Blanc-Mesnil. Ce nom, « le Jardin des Orfèvres », vient tout droit du Moyen-Âge, à l’époque où les patrons de la ville étaient des orfèvres.

Au début, il y a une opportunité : nous souhaitions transformer notre centre technique municipal vétuste qui se trouvait tout proche du grand parc urbain. L’idée était d’y construire de belles choses, mais aussi de faire d’une pierre, deux coups : non seulement ramener le magnifique parc jusqu’à la rue du côté de l’avenue Pasteur, mais aussi d’en profiter pour l’agrandir ! Ainsi, les habitants du Blanc-Mesnil pourront entrer dans le jardin en traversant la grille monumentale, et traverser cette coulée verte pour rentrer dans le Parc.

En somme, davantage de nature, et mieux intégrée à la ville.

Pourquoi la municipalité a-t-elle choisi le projet porté par OGIC ?

Quand on a initié cette démarche, il fallait y croire, ce n’était pas écrit, c’était plutôt un pari sur l’avenir, et OGIC a cru dans le projet. Bien sûr, nous avions l’exigence d’un respect de cette patte architecturale que nous donnons au Blanc-Mesnil, avec des façades belles et diverses. Mais nous avions aussi une autre condition : dans le PLU, nous imposons désormais un pourcentage de 40% d’espace vert en pleine terre végétalisée et plantée, ce qui représente 7500 m² d’espaces libres végétalisés sur le Jardin des Orfèvres !

Aujourd’hui, quand on me propose un projet, je commence par regarder le plan masse et la verdure avant les façades, c’est capital. L’être humain a besoin d’espaces verts pour vivre agréablement et harmonieusement. Quand on survole la ville du Blanc-Mesnil, il y a beaucoup d’espaces naturels qui sont les petits jardins des pavillons ouvriers, des squares, etc. Il faut non seulement préserver cela, mais aussi aller plus loin en ce sens.

Aller plus loin, c’est ce qu’a fait OGIC sur ce projet. Au-delà de nos exigences, ils ont pris les services d’un architecte-paysagiste, David Besson-Girard, et ont installé un verger au cœur du projet : les futurs habitants pourront ainsi descendre de chez eux et aller cueillir des fruits. Ça, c’est de la qualité de vie ! D’ailleurs, habituellement, lors du début des chantiers, je suis toujours invité à la cérémonie de pose de « première pierre ». Pour la première fois, avec OGIC, on a planté le « premier arbre ». Une bonne idée… que j’impose désormais.

Comment le Jardin des Orfèvres s’intègre-t-il à la ville, son patrimoine naturel et architectural ?

Dès le départ, nous voulions une trame bleue et verte qui parte du sud de la ville et qui rejoigne le parc urbain. Ce que nous imaginons, c’est de retrouver petit à petit l’esprit « village dans la ville », un endroit où les gens se sentent bien et peuvent se promener. OGIC a contribué à cela en proposant trois œuvres d’art au sein même du Jardin des Orfèvres, et cela participe à amener les gens à déambuler, à aller jusqu’au parc, peut-être en passant par les tables d’échecs que l’on a fait installer ou en cueillant quelques fruits. Voilà l’esprit que je souhaite.

Pour ce qui est de l’intégration de ce projet à la ville, il y a deux aspects : d’abord ramener le parc urbain jusqu’à l’avenue Pasteur pour qu’on puisse y accéder naturellement. Ensuite, nous allons poursuivre le verdissement des axes qui séparent l’Hôtel de Ville du Jardin des Orfèvres, et donc replanter des arbres de part et d’autre des rues sur les cinq voies qui composent ce parcours.

D’une certaine façon, je voudrais rappeler ce qui se passe à la campagne avec les balades dominicales à travers des allées boisées, où l’on respire et où l’on se sent bien. 

La ville du Blanc-Mesnil a investi sur le développement des énergies renouvelables et notamment la géothermie, comment cela se matérialise-t-il ?

Ça avait été fait avant nous, avec le grand ensemble social Les Tilleuls (10 000 habitants), mais nos prédécesseurs avaient quelque peu renoncé car la géothermie était largement déficitaire à l’époque. Depuis les choses ont évolué.

Aujourd’hui, on est plus sensible au développement durable. La géothermie est devenue plus économique que les autres moyens de chauffage. En plus, les prix sont constants, donc plus nous aurons de gens raccordés à la géothermie, moins le coût sera élevé – et il sera beaucoup plus stable si nous arrivons à raccorder tout le monde. C’est la raison pour laquelle nous avons prolongé les tuyaux pour raccorder la plupart des projets du nord et du centre de la ville, et ce jusqu’au Jardin des Orfèvres.

Cette énergie verte est une bonne chose pour tout le monde, et notamment pour les habitants qui vont habiter dans ces résidences !

Projets : Jardin des Orfèvres ; La Rotonde.