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« 1 immeuble, 1 œuvre » : bâtir des ponts entre l’art et la ville

Offrir une place choisie à l’art au sein de nos constructions neuves, c’est le pari lancé par la charte « 1 immeuble, 1 œuvre » afin de favoriser la création et d’embellir la ville. Regards croisés sur cette rencontre insolite entre scène artistique et promotion immobilière avec l’artiste Nathalie Elemento et Florent Maubert, galeriste, qui ont contribué à la réalisation des œuvres installées dans le programme d’OGIC « Le Jardin aux Oiseaux ».

Sortir les œuvres d’arts des musées pour les semer dans la ville ? L’utopie avait déjà pris forme à l’initiative de la loi du « 1% artistique ». Après s’être confronté aux aménagements publics, l’art s’invite désormais dans nos résidences privées, avec la charte « 1 immeuble, 1 œuvre », dont OGIC est l’un des tout premiers signataires. L’engagement ? A chaque immeuble construit, son œuvre d’art. Une démarche volontaire de la part des promoteurs signataires qui soutiennent ainsi la scène artistique française et facilitent la rencontre de l’art et du plus grand nombre, tous horizons confondus.

De l’habitat à l’habité : entre art et art de vivre

« Les lieux de vie devraient être des lieux où l’art a sa place. C’est sans doute dans les halls, cours et jardins d’immeubles que l’art est le plus vivant, puisqu’il est habité », explique Florent Maubert, fondateur de la Galerie Maubert. Dans l’immeuble, l’œuvre d’art est d’abord un espace d’étonnement pour les habitants. « Il est courageux de la part des promoteurs comme OGIC d’implanter des œuvres d’art dans les immeubles, il serait bien plus facile de faire appel à des objets de design, qui ont une fonction pratique », analyse Florent Maubert.

Du côté des artistes, c’est un terrain d’expérimentation nouveau, loin des places choisies qui les attendaient dans les galeries et les musées. Chaque œuvre doit s’adapter à « l’endroit », s’ajuster à la réalité du lieu, avec parfois quelques contraintes. Pour l’artiste Nathalie Elemento, qui a créé une œuvre pour le projet OGIC « Jardin aux Oiseaux », ce sont justement les contraintes qui font le sel de ces projets. La contrainte « développe l’intelligence, inspire, insuffle un prisme nouveau pour créer, elle force à reconquérir une autre liberté », explique-t-elle.

Le bain d’oiseau, réalisé par Nathalie Elemento, confronte à la fois un pliage de protection, que l’on retrouve dans l’industrie, et une forme déployée, rappelant les corolles de fleurs, de nénuphars, que l’on trouve dans la nature. Soclée de manière circulaire, légèrement inclinée, cette œuvre est un trait d’union entre nature et culture, entre dessin et sculpture. Le pli, que l’on retrouve de manière régulière dans le travail de l’artiste, symbolise à la fois ce que l’on montre et ce que l’on cache, ce qui s’ouvre et se ferme, notre propre adaptabilité.

Refaire place à l’artiste au cœur de la cité

Mais que peut l’art dans la ville ? « Placer des œuvres d’art dans les immeubles pourrait sembler anecdotique, mais c’est dans ces initiatives vivantes que s’esquissent des îlots de beauté à même de transformer et d’embellir l’ensemble du paysage urbain, d’humaniser nos lieux de vie et de nourrir, de l’intérieur, une société plus que jamais en mal d’imaginaire », explique Nathalie Elemento, convaincue que l’artiste doit reprendre sa place au cœur de la cité pour lui donner un nouveau souffle.

Même sentiment pour Florent Maubert, pour qui le regard de l’artiste sur nos constructions est crucial à l’ère de l’urbanisation massive. « Nous devons partager nos inspirations, nous enrichir et construire une vision commune qui nous permettra d’aller plus loin dans la métamorphose et l’embellissement des villes », ajoute l’artiste. A mesure que l’art s’impose comme partie intégrante des projets d’architecture, ce sont de véritables collections qui voient progressivement le jour dans les programmes immobiliers, constituant peut-être ainsi le patrimoine de demain, disséminé parmi les habitations d’une ville plus belle.

En plus de l’œuvre de Nathalie Elemento, le « Jardin aux Oiseaux » offre également à ses habitants six œuvres réalisées par Nicolas Delprat. A date, 18 projets OGIC intègrent déjà la charte « 1 immeuble, 1 œuvre », avec la participation d’artistes aux univers aussi variés que Grégory Ryan (31 place Bellecour), Lavinia Aubry (Up West Boulogne), le collectif Visual Systems (Bercy Crystal) ou encore Charles Kalt (Allure).

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