OGIC

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La Vie Grande Ouverte

Réhabiliter des prisons pour en faire un lieu de vie, de culture, d’entraide et de solidarité

D’ici 2050, plus de 6 milliards d’êtres humains de tous les âges vivront dans les villes. Dans ce contexte, comment maintenir et renforcer la cohésion sociale ? Pour les promoteurs immobiliers comme pour tous les acteurs de la ville, des réponses à ce défi humain doivent être proposées dès aujourd’hui. Avec en ligne de mire, le développement dans les centres urbains d’une économie créatrice de lien social et de solidarité entre les générations.

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Depuis une quinzaine d’années, le quartier de la Confluence renaît sous les yeux des habitants du Grand Lyon. Hier vouée aux activités industrielles, portuaires et au marché de gros, cette zone située au sud de la presqu’île de Lyon s’est depuis parée de nouveaux atouts : activités culturelles, espaces verts, commerces de proximité et immeubles à haute performance énergétique s’y côtoient harmonieusement.

Au sud de la gare Perrache, elle-aussi profondément transformée, un site exceptionnel est appelé à son tour à se réinventer. Il s’agit des anciennes prisons de Saint-Joseph et Saint-Paul, construites au XIXe siècle sur deux îlots distincts, sous la houlette des architectes Louis-Pierre Baltard et Antonin Louvier. Pour ces lieux d’enfermement, la démolition totale a été, un temps, envisagée. C’est finalement un projet de reconversion qui sera décidé, en 2010.

Chez OGIC, nous avons imaginé, en étroite collaboration avec le mouvement Habitat et Humanisme et l’Université Catholique de Lyon (UCLy), un projet novateur et audacieux : « La Vie Grande Ouverte ». Un pari fou qui a sublimé ces trésors d’architecture pour en faire un lieu de rencontres, de circulation et d’entraide entre générations.

Substituer le « prendre soin » à l’enfermement

Pour Bernard Devert, fondateur du mouvement Habitat et Humanisme impliqué dès la genèse du projet, la reconversion des maisons d’arrêt de Saint-Paul et de Saint-Joseph devait passer par le décloisonnement du site. Une conviction forte, partagée avec l’Université Catholique de Lyon (UCLy), qui a donné son fondement idéologique au projet « La Vie Grande Ouverte ». Le programme de reconversion des prisons de Saint-Joseph et de Saint-Paul doit non seulement ouvrir le lieu sur le quartier de Lyon Confluence, mais aussi sur sa population, avec une attention toute particulière portée à ses franges les plus fragiles.

Inspirés par l’engagement pionnier d’Habitat et Humanisme en matière d’économie sociale et solidaire, nous avons imaginé, en plus des logements sociaux, une offre d’habitat bi-générationnel, nichée au cœur d’un nouveau campus verdoyant pour l’Université Catholique de Lyon. « Il s’agit d’un programme mixte extrêmement novateur, qui a du sens sur le plan humain. Il fallait insuffler à ce site une dynamique de vie », explique Bernard Devert. De la proximité du Centre hospitalier de Saint-Joseph Saint-Luc naît l’idée inédite de réserver un contingent de ces logements aux personnes les plus fragiles. Aux publics en situation de grande précarité est proposé un logement d’urgence sur le campus, mais aussi l’entraide et le soutien d’un binôme d’étudiants de l’UCLy volontaires pour accompagner les personnes en difficulté.

Dans les logements dédiés, des espaces de vie communs favorisent les échanges et l’entraide entre les générations. Une mixité programmatique qui se décline à l’échelle du site tout entier avec plus de 10 000 m2 de bureaux et de commerces, ainsi que de nombreux espaces verts. « Les espaces végétalisés comptent pour plus de 40% de la surface totale du site », précise Grégory Gaume, directeur régional OGIC. « Nous avons créé des jardins à thèmes, ouverts au public tout au long de la journée, qui attirent des publics très variés. Il était essentiel pour nous de contribuer à renforcer l’attractivité du quartier de la Confluence et de faire d’un ancien site d’enfermement un projet de Vie Grande Ouverte ».

« Il fallait insuffler à ce site une dynamique de vie »

Bernard Devert, fondateur Habitat et Humanisme

Sublimer un patrimoine historique inestimable

Quant au défi de conservation du patrimoine exceptionnel du site finalement imposé dans le cahier des charges, nous nous sommes tournés vers les meilleurs experts en la matière. C’est ainsi que Jean-Jacques Ory, du cabinet ORY & Associés, et Frédéric Didier, architecte en chef des monuments historiques, ont été sollicités pour travailler aux côtés de nos équipes dans le cadre de ce projet.

De fait, les sites de Saint-Joseph et de Saint-Paul ont vite révélé toute la palette de leurs trésors architecturaux : on y trouve des traboules typiquement lyonnaises, des grilles et des serrures d’époque, une ancienne chapelle, un bâtiment administratif conçu par l’architecte Louis-Pierre Baltard mais aussi des chemins de ronde, autrefois destinés aux prisonniers, reliant les deux prisons. « Durant les travaux ont mêmes été découvertes dans les souterrains des fresques de Didier Chamizo, un ancien détenu des prisons lyonnaises et aussi l’un des précurseurs du street art ! », raconte Grégory Gaume. Tous ces éléments inestimables du bâti ancien du site ont été rénovés et consolidés.

Un lieu de mémoire sublimé auquel s’ajoutent aujourd’hui des installations modernes et éco-responsables. Des panneaux solaires ainsi qu’une puissante chaufferie au bois ont été installés tandis que la gestion des eaux pluviales a été totalement revue. Durant le chantier, les matériaux issus des destructions ont été recyclés, notamment les pierres, réutilisées pour restaurer les façades dégradées.

Au sein d’OGIC, souligne Grégory Gaume, le programme « La Vie Grande Ouverte » s’est avéré particulièrement fédérateur, car il mêle les différents savoir-faire des équipes en matière de réhabilitation et de réflexion urbaine, dans le respect des valeurs qui nous sont chères : innovation, responsabilité et engagement. Pour Bernard Devert, c’est « un pari fou » qui a été ainsi mené à son terme : « OGIC nous a fait confiance et nous a apporté un soutien sans faille, tant sur la conception que sur les aspects financiers du projet ». Pour nous, ce pari fou démontre ce que nous avons toujours su : un lieu de mémoire peut être transfiguré en un lieu d’avenir mêlant patrimoine historique, mixité sociale, vitalité économique et respect de l’environnement.