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« Clos Saint-Louis », notre projet pour redécouvrir Saint-Germain-en-Laye

Au printemps 2018, la ville de Saint-Germain-en-Laye lance un Appel à manifestations d’intérêt (AMI) autour de la reconversion du quartier historique de l’hôpital. OGIC et Marignan sollicitent alors deux cabinets d’architectes pour faire renaître ce quartier de 4 hectares, connu de tous les Saint-germanois. De la collaboration entre Anthony Bechu et Olivier Herbez naît le projet « Clos Saint-Louis », retenu par la ville parmi les trois dossiers finalistes. Entretien croisé sur la genèse d’un projet qui fait le lien entre patrimoine et modernité.

Pour Anthony Bechu (Bechu & Associés) et Olivier Herbez (AHA Atelier Herbez Architectes), concevoir des projets innovants, respectueux de l’environnement et du patrimoine dans lesquels ils s’implantent, est une évidence. Si l’agence Bechu & Associés a déjà été primée plusieurs fois en France comme à l’étranger (Green Awards, 1er prix du Green Project, etc.), Olivier Herbez, natif de Saint-Germain-en-Laye, défend une approche de l’architecture innovante, intégrant les nouvelles technologies et ce, de la conception à la construction de ses projets.

Le projet « Clos Saint-Louis », mené par le groupement d’opérateurs OGIC et Marignan reflète cet engagement. Le tandem d’architectes a su trouver le juste équilibre entre patrimoine et modernité pour proposer aux Saint-germanois un quartier sur-mesure, qui rend hommage à ce qui fait le charme de la ville et la projette vers l’avenir… Entretien avec deux experts inspirés.

Quel est le point fort du projet « Clos Saint-Louis » ?

Olivier Herbez – Pour imaginer la reconversion du quartier de l’hôpital de Saint-Germain-en-Laye, il était essentiel de comprendre l’importance pour les Saint-germanois de ce territoire chargé d’histoire et de souvenirs. Cela me tenait d’autant plus à cœur que je suis né dans cet hôpital et que j’ai passé ma jeunesse dans cette ville ! Il fallait donc que le projet conserve l’âme des lieux, cet esprit si propre à Saint-Germain-en-Laye. Pour moi, c’est la grande réussite et le point fort de notre projet. Dans le « Clos Saint-Louis », on retrouve le Saint-Germain des Saint-germanois.

Anthony Bechu – Nous avons respecté la morphologie, les racines de Saint-Germain-en-Laye et ainsi créé une continuité totale entre le quartier de l’hôpital et le centre-ville. On retrouve d’ailleurs toute l’articulation du tissu urbain existant : les rues piétonnes emblématiques du centre-ville ainsi que la végétation de la forêt, du parc et des jardins du château. Au fond, notre objectif est que ce nouveau quartier apparaisse à tous comme une extension naturelle du centre-ville existant, la nature en plus !

Olivier Herbez – Nous avons recherché cette continuité jusque dans le dynamisme et la vivacité qui caractérisent la ville. Dès le début, nous avons eu la volonté d’embarquer avec nous un maximum de Saint-germanois. En premier lieu, les commerçants qui font vivre le centre-ville. Défi relevé, puisqu’ils sont déjà plusieurs à envisager une seconde implantation dans ce nouveau quartier. De quoi étoffer l’offre commerciale et amener de la vie au « Clos Saint-Louis » !

Anthony Bechu – En plus de l’offre commerciale, le « Clos Saint-Louis » est conçu comme un quartier mixte. En résonance avec l’héritage de ce secteur, on y trouvera un pôle santé étendu, piloté par ORPEA, dédié au bien-être, à la petite enfance mais également au « mieux-vieillir ». L’offre de logements accompagne également le parcours de vie des habitants : des logements en accession, du co-living pour les jeunes actifs et des logements pour les seniors. Pour encourager les échanges et le vivre-ensemble, un lieu ouvert sur la ville regroupera les services culturels, sportifs et associatifs de la municipalité, en plus de services du quotidien, comme une conciergerie.

Olivier Herbez – D’ailleurs, prévoir une offre de logements qui puisse s’adresser à toutes les générations était une ambition forte exprimée par Emmanuel Launiau, président du directoire d’OGIC. J’ajouterais aussi que ce qui rend ce projet différent des autres, c’est la volonté que notre équipe a eue de respecter l’harmonie et l’identité de la ville dans toutes ses dimensions.

Comment la nature a-t-elle été intégrée dans le projet ?

Anthony Bechu – Je ne dirais pas que la nature a été intégrée au projet… Nous suivons une démarche plus vertueuse : plus que d’intégrer la nature en ville, nous souhaitons que ce soit la ville elle-même qui se réintègre à la nature et à ses grands cycles. C’est une des clés de la ville durable de demain. Nous avons imaginé des parcours arborés et des coulées vertes au cœur du « Clos Saint-Louis », comme si la nature avait toujours été là. Par exemple, 158 arbres seront plantés, pour la grande majorité en pleine terre, et donneront, au sein même de la ville, cette impression de balade en forêt que connaissent si bien les Saint-germanois. De cette nature qui protège les Hommes, naissent aussi de nouveaux usages générateurs d’économie circulaire pour la protéger en retour.

Olivier Herbez – En plus de l’exigence imposée par la ville de créer un éco-quartier, il était évident pour Anthony et moi que le projet s’inscrive dans une démarche de biodiversité positive, avec des nichoirs pour les oiseaux ainsi que des ruches pour les abeilles. Dans les 31 700 m2 de logements que nous proposons de créer, nous avons intégré des terrasses plantées végétalisées, des jardins privatifs… En tout, le « Clos Saint-Louis » comprendra 7 500 m2 d’espaces verts (publics et privatifs), répartis harmonieusement sur les 4 hectares de ce quartier.

Comment le projet « Clos Saint-Louis » s’inscrit-il dans la modernité ?

Anthony Bechu – Respecter le patrimoine et le valoriser, c’est bien, mais nous nous devions également répondre aux nouvelles attentes des urbains en matière d’environnement et de technologie. Gestion des déchets, isolation thermique des logements, réutilisation des matériaux de construction… avec Marignan et OGIC, qui a fait de la ville économe en ressources l’un de ses piliers, nous avons donc travaillé dans le détail, de manière à introduire la modernité dans ce riche patrimoine saint-germanois. Le « Clos Saint-Louis » est aussi un quartier connecté, doté par exemple d’un FabLab ouvert aux startups, ou encore d’un Silver Lab explorant les nouvelles technologies au service du « mieux-vivre » de tous.

Olivier Herbez – Lorsque nous évoquons Saint-Germain-en-Laye, nous pensons tout de suite à son patrimoine historique très riche : ses bâtiments anciens, son château, ses ruelles pavées, son alternance de places et de placettes. Mais c’est aussi une ville moderne, tournée vers l’avenir, qui accueille de nombreux étudiants, notamment au Lycée international ou sur le campus de Sciences Po. Le projet « Clos Saint-Louis » souhaite réunir toutes les générations de Saint-germanois.

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