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Champigny-sur-Marne : réinventer le cœur de ville pour favoriser la démobilité en Île-de-France

Face à la surpopulation de l’Île-de-France et l’engorgement croissant des réseaux de transports, une nouvelle tendance des usages urbains voit le jour : favoriser la démobilité pour permettre aux habitants de travailler, consommer et vivre dans le même quartier. C’est le cas à Champigny-sur-Marne où la réinvention du cœur de ville doit permettre à ses habitants de vivre sans avoir à rejoindre Paris : une stratégie d’archipel pour redonner place au quartier, au village et à la ville. Découvrez le projet « Métamorphose ».

Avec plus d’1,8 millions d’actifs qui travaillent chaque jour à Paris, la capitale devient de plus en plus inaccessible au logement. L’Est parisien est donc devenu un territoire clé dans le remodelage de l’Ile-de-France et du Grand Paris. Avec ses 14 communes étendues sur 72km2, l’enjeu est d’investir les espaces intelligemment, autrement dit de faciliter la vie des habitants en créant un cadre de vie idéal sans saturer les réseaux de transports.

C’est le cas du projet de rénovation du cœur de ville de Champigny-sur Marne. Un défi de taille qui présentait un cœur de ville saturé, proposant un nombre limité de bureaux et de commerces à une population grandissante. Ce quartier, le moins dense de la ville, devait donc attirer bien plus d’usagers et récréer une vraie dynamique en son cœur. C’est tout le sens du projet de rénovation du centre-ville porté par l’architecte François Leclercq et OGIC.

Remettre la place Lénine au centre de la ville

La place Lénine, centre névralgique de la vie campinoise, est un véritable symbole avec sa grande place. Elle accueille plusieurs fois par semaine le marché de la ville, qui « restera dans le futur projet » a souligné Christian Fautré (PCF), maire de Champigny. Sa demande était claire : remettre la place Lénine au centre de la ville. Ainsi, la concession du marché et des commerces seront repensés et optimisés afin de maintenir son dynamisme et assurer le confort de ses clients.

Avec ses 320 logements répartis sur 2 îlots (dont 30% en location social), ses 4300 m2 de commerces, 1400 m2 de bureaux et 2000 m2 d’équipements publics; la rénovation du cœur de ville de Champigny-sur-Marne est sans contexte un des grands projets de l’Est Parisien. Repenser la circulation, le stationnement, et la manière même dont sera vécu ce centre-ville pour tous les habitants de Champigny, c’est le défi qui s’est posé à OGIC et la SADEV 94.

Pour y parvenir, une conviction : « ce sont les lieux qui doivent s’adapter aux habitants, pas le contraire » explique Romain Ferré, Directeur Régional de l’Île-de-France Est chez OGIC. « Les écouter, leur laisser une marge de créativité pour que chacun puisse s’approprier les espaces, est essentiel ». Dans un projet comme celui-ci, il est primordial de repartir des usages, d’observer les comportements, les modes de vie et habitudes, pour que le projet corresponde aux besoins présents et futurs de tous les habitants et de toutes les classes sociales. Dont acte : dans le parcours résidentiel cohabiteront des logements libres (50%), aux prix maitrisés (20%) et des logements sociaux (30%).

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Dans cette logique d’écoute des besoins, les élus locaux autant que les promoteurs ont vu émerger un nouveau besoin : la démobilité, c’est-à-dire le souhait des habitants d’être moins mobile.

Les gens ne veulent plus passer des heures dans les transports en commun ! La clef pour répondre à ce défi : privilégier la mixité de chaque îlot. Le centre-ville de Champigny-Sur-Marne a été imaginé comme un lieu toutes consommations conjuguant vie professionnelle, habitations et commerces. Pour Romain Ferré, « L’objectif de ces opérations mixtes est de faire émerger et de co-construire des projets urbains innovants et ambitieux au cœur du grand paris ».

Comme le dit François Leclercq, architecte sur le projet : « A travers cette place que nous allons réinventer, nous allons ressusciter une ville. La métropolisation contemporaine montre l’intérêt de recréer des centres. La question du périmètre importe moins que la capacité à accueillir une grande variété de fonctions pour acquérir un statut de centralité attractive, connectée, rayonnante, intégrée dans une stratégie d’archipel ».

Un projet qui redonne toute sa place à la nature et aux mobilités douces

Divisé en deux îlots, le projet ambitionne à la fois de « proposer des bâtiments qui ont de grandes qualités architecturales tout en accordant un soin tout particulier à la végétalisation des espaces » explique Romain Ferré.

L’ensemble immobilier sera construit entre les rues Albert-Thomas, Carnot, le marché et la place Lénine.
D’un côté, on découvrira l’îlot Carnot, bâtiment le plus central de la place Lénine. Une construction totale après démolition du bâti existant, dense et peu qualitatif. Il deviendra le cœur d’activité de ce nouveau centre-ville.
De l’autre, l’îlot Verdun sera édifié à l’est de la place Lénine, en bordure de la zone pavillonnaire sur l’actuel parking. Un quartier plus apaisé donnant sur la Marne en contre bas. Outre les logements, on y trouvera la médiathèque et bon nombre de commerces.

Si chaque îlot a son identité propre, ils fonctionneront comme un ensemble architectural cohérent. Les deux sites seront reliés par une volumétrie en gradin collant à la topologie de la ville : « Une grande place encadrée de terrasses et de façades habillées majoritairement de briquettes, un matériau qui assure la pérennité des éléments », raconte François Leclercq.

Pour favoriser le bien vivre, créer un lieu où la voiture se sentirait de trop, la place Lénine est donc passée d’un ruban goudronné à un espace arboré en partie piéton où la mobilité douce retrouve sa place. Les parkings disparaissent en souterrain pour accentuer cet effet tout en compensant le manque de stationnements que le projet pourrait engendrer.

La proximité de la Marne était jusqu’alors un atout sous exploité par la ville : les grandes terrasses associées à l’architecture en gradin épousant les dénivelés ouvrent la vue et plongent les habitants au cœur du canal. Vues sur la Marne, jardins suspendus, balcons, loggias, terrasses privatives et collectives, double-orientation, tout a été pensé pour vivre au grand air en toute convivialité.

Pour les futurs habitants, la grande majorité des appartements, bénéficiant d’un espace extérieur, est traversant ou à double orientation, avec de nombreuses surfaces vitrées pensées pour faire entrer la nature dans le quotidien. De l’autre côté des fenêtres, OGIC a installé des trames vertes, de véritables corridors biologiques, en continuité entre les bâtiments et les espaces publiques.

Un vrai atout pour la biodiversité jusqu’au cœur de Champigny-sur-Marne.